Histoire du piano : Kriegelstein

“L’artisanat d’art au service de la musique”

KRIEGELSTEIN

Extrait du livre “Les Facteurs de Pianos et leurs Recherches” d’André Chenaud, 1970

La manufacture de pianos Kriegelstein et Cie est une des plus anciennes maisons. Elle a été fondée en 1831 à Paris par Jean Georges Kriegelstein, natif de Riquewihr (Alsace).

Arrivé à Paris en 1815, il fut à cette époque l’émule des Roller et Blanchet, Mercier, Pape ; ce dernier l’ayant remarqué, lui confia la place de contremaître pendant cinq ans.

En 1858, sept ans avant sa mort (qui survint en 1865), M. Jean Georges Kriegelstein confia la direction de sa manufacture à son fils Charles, né à Paris en 1839, qui sut conserver la bonne renommée déjà acquise et fit réaliser des progrès considérables aux pianos droits et à queue.

Le premier piano droit à cordes 1/2 obliques a été fait par la maison Kriegelstein en 1845.

La maison Kriegelstein se signala par les nombreux perfectionnements qu’elle apporta à la fabrication des pianos. En 1841, elle imagina les agrafes de précision pour l’accord ; en 1846,elle faisait breveter la mécanique à double échappement pour pianos à queue qui a été connue sous le nom de “mécanique Kriegelstein”, et en 1846 elle appliqua le même système de mécanique aux pianos droits.

MM. Kriegelstein et Cie ont été les premiers à adopter le cadre en fer d’une seule pièce dans tous leurs pianos à queue comme dans tous leurs pianos droits, ainsi que les cordes croisées.

Tout en s’attachant à ne laisser sortir de leurs ateliers que des instruments de premier ordre, ils ont résolu le problème difficile de vendre à des prix modérés, accessibles à toutes les bourses.

Depuis 1834, la maison Kriegelstein a pris part à un grand nombre d’expositions et elle a toujours obtenu les premières récompenses. Il serait trop long d’énumérer la liste complète de ses succès, il suffira de rappeler qu’en 1855, à l’exposition universelle, elle obtenait une médaille de première classe à l’exposition universelle de Londres ; en 1862, elle obtenait une “Prize Medal” avec cette mention : “Excellence dans le travail et le son des pianos”. A l’exposition universelle de Paris, en 1867, une première médaille d’argent lui fut décernée et les membres du jury parmi lesquels MM. Schaeffer, Erard, Pleyel-Wolff, Henri Herz, Debain, Cavaillé Coll, Wuillaume adressaient une pétition à l’Empereur pour qu’une médaille d’or lui fut attribuée.

Parmi les récompenses de la maison Kriegelstein et Cie, nous citerons une médaille de progrès à Vienne en 1873, des médailles d’or à Bordeaux en 1882, Anvers 1885, Lyon 1894.

A Anvers en 1894 elle obtenait le diplôme d’honneur et, c’est encore le diplôme d’honneur qui a récompensé ses efforts à Amsterdam en 1895 et à Bruxelles en 1897.

Enfin, en 1900 la maison Kriegelstein fait le pas décisif, elle est classée en tête de toutes les factures françaises en se voyant attribuer le premier Grand Prix, et M. Kriegelstein est nommé chevalier de la Légion d’Honneur.

En 1897, la fabrique située jusqu’alors 2 boulevard Bessières, ayant été expropriée par la ville de Paris, fut transportée à Droittecourt (Oise) tout près de Gisors.

Monsieur Georges Kriegelstein qui, depuis longtemps déjà était le collaborateur de son père, en prit la direction qu’il conserva jusqu’en 1922 où son gendre, M. Boulé Kriegelstein l’a remplacé.

La fabrique de M. Kriegelstein et Cie de Droittecourt, comprenait une usine modèle avec scierie hydraulique, électricité, aménagements de chantiers de bois dans des conditions d’aération exceptionnelles, maisons ouvirères isolées avec jardin etc … la maison s’est spécialisée dans la fabrication des pianos à queue, le premier piano à queue format extra-réduit a été créé par elle et a figuré à l’exposition universelle de 1900.

La fabrique ferma ses portes en 1931, après avoir fait 26 000 pianos, et jusque là, les finisseurs apportaient les mêmes raffinements qu’au début. Les touches étaient pesées pour pouvoir demander au pianiste exactement le même effort d’enfoncement à chaque note, les manches de marteaux étaient sonnés un par un sur l’établi, avant d’être collés soit aux têtes de basses, de médium, ou de dessus.

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