Histoire du piano : Gaveau

“L’artisanat d’art au service de la musique”

GAVEAU

Extrait du livre “Les Facteurs de Pianos et leurs Recherches” d’André Chenaud, 1970

Gaveau reste un des noms qui illustrèrent le plus brillament la facture des pianos. Il n’est donc pas sans intérêt de faire un retour vers le passé pour assister aux débuts de ce facteur et suivre le développement d’une des plus belles carrières de l’industrie artistique.

Né à Romorantin, en 1824, Joseph Gabriel Gaveau entra tout jeune comme apprenti dans une des premières manufactures de Paris. Très habile et doué d’une vive intelligence, il ne tarda pas à devenir un des meilleurs ouvriers et après avoir passé successivement dans toutes les branches de la facture, il sentit l’atelier devenir trop étroit pour contenir son activité et ses rêves d’avenir ; aussi à l’âge de 23 ans, en 1847 fonda-t-il sa maison, rue des Vinaigriers qui ne tarda pas à jouir de l’estime des artistes.

L’affaire prospéra rapidement et régulièrement, grâce aux soins minutieux que Gaveau apportait dans son travail. Il s’attacha spécialement à perfectionner la mécanique à laquelle il donna son nom et que beaucoup de facteurs ont adopté après lui (étouffoirs à lames, échappement facilement réglable, adjonction d’un ressort à boudin facilitant le réglage des mécaniques de pianos à queue etc … ). En 1900, il n’y avait plus que les firmes Gaveau, Erard et Pleyel pour faire elles-mêmes leurs propres mécaniques.

Gaveau avait reçu aux expositions universelles de Paris en 1885, 1867, 1878, 1889, des médailles de bronze, argent et or, des diplômes d’honneur aux expositions d’Amsterdam 1883, de Nice 1884, Anvers 1885, Bruxelles 1888, il avait été onze fois membre du jury et avait obtenu toutes les récompenses et décorations qu’on peut souhaiter.

En 1893, à l’âge de 70 ans, il se fit remplacer par trois de ses fils, MM. Gabriel, Eugène et Etienne, qui avaient été tous trois ses meilleurs collaborateurs pendant de nombreuses années. Gabriel et Eugène dirigèrent l’usine de Fontenay-sous-Bois qui, construite en 1896, couvrait 30 000 mètres carrés et occupait 300 ouvriers pour fabriquer 2 000 pianos par an.

Les ouvriers sont presque tous formés dans la maison à laquelle ils sont, en partie fidèlement attachés.

Les magasins de Gaveau qui furent longtemps à l’étroit rue Servan et dans différentes succursales de la ville ont été transportés en 1898 dans un superbe hôtel situé 32 et 34, rue Blanche.

En 1908, Monsieur Etienne Gaveau, qui s’occupait de la partie administrative fit construire un vaste immeuble commercial avec salles de concert dotées d’un orgue Cavaillé-Coll, cet ensemble est situé 45 rue de la Boétie.

Par ses efforts pendant un demi siècle, sa marque devint de classe internationale.

Il mourut en 1943, et ses fils MM. Marcel et André Gaveau lui succédèrent, l’un se chargeant de l’administration et l’autre de l’usine.

En 1970, les sorties en sont au N° 115 700.

En 1960, la firme Gaveau est devenue la Société Gaveau Erard, la société Pleyel s’est rattachée à elle et depuis cette date, on trouve les trois marques dans le même immeuble.

Note de Xavier Bontemps :

– 1971 : vente des trois marques réunis, Pleyel, Gaveau et Erard, à la manufacture allemande Schimmel qui continua leur fabrication à Braunschweig.

– 1994 : rachat des trois marques Pleyel, Gaveau, Erard par “Musique et Partenaires” au Mans, puis dans la même année par la manufacture des pianos Rameau, qui continua leur fabrication à Alès. La société Rameau devient alors “Manufacture Pleyel”, puis “Pleyel & Co”.

– 2000 : les trois marques Pleyel, Gaveau et Erard sont rachetées par Monsieur Martigny déjà propriétaire de la Salle Pleyel. Leur fabrication se poursuit à Alès et la société devient la “Manufacture Française de Pianos”.

– 2007 : La manufacture d’Alès ferme au printemps 2007 et les pianos Gaveau ne sont plus fabriqués en 2012.

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