Histoire du piano : Bord

“L’artisanat d’art au service de la musique”

A. BORD et Cie

Extrait du livre “Les Facteurs de Pianos et leurs Recherches” d’André Chenaud, 1970

La maison Bord est une des plus universellement connue et il n’est peut-être pas une marque qui ait autant pénétré dans tous les pays du monde civilisé.

La faveur avec laquelle ces pianos sont accueillis provient de ce que le fondateur de cette maison comprit de bonne heure que le piano était appelé à devenir le pain du musicien et, comme tel, il s’effoça de le mettre à la portée de toutes les bourses.

Mais A. Bord, en facteur consciencieux et en commerçant habile savait que, pour s’assurer une clientèle stable et durable, il fallait non seulement faire bon marché, mais faire bien.

Un piano ne s’achète pas à la légère, il n’est peut-être pas de commerce où la réputation de la marque ait autant de valeur et, pour l’obtenir, une bonne fabrication est indispensable.

C’est la juste observation de ce principe qui a fait le succès et la fortune de la maison A. Bord, qui présente un exemple unique dans toute la facture française. Elle est la seule en effet qui ait pu fabriquer 100 000 pianos en 57 ans, soit une moyenne de 1755 instruments par an pendant plus d’un demi-siècle. Mais il est bien certain que lorsque Antoine Bord s’établit à Paris en 1843, il avait alors 29 ans, il ne fit pas une pareille quantité de pianos la première année, et cette moyenne élevée ne peut être obtenue que par le chiffre de la production de 1900 qui atteignait 3 000 pianos par an.

L’année qui suivit la fondation de sa maison, Antoine Bord avait déjà exposé un petit piano à queue qui lui valut une médaille de bronze ; en 1869, il obtint une médaille d’argent ; en 1878, à Paris, il fut hors concours et membre du jury ; à Melbourne et à Amsterdam, la médaille d’or lui fut attribuée ; et à la suite de cette dernière exposition, il reçut la croix de la légion d’honneur, le 26-9-83.

Depuis plusieurs années, l’importance prise par les affaires, avait obligé le chef de la maison à appeler auprès de lui son neveu Antonin Bord (né à Toulouse en 1853) et lorsqu’il mourut en 1888, il eut un successeur tout désigné qui avait plus de 12 ans de séjour dans les ateliers. Dans cette période, il avait été successivement apprenti, ouvrier et contremaître pendant 4 ans.

Une médaille d’or à Paris en 1889 et un diplôme d’honneur à Bordeaux en 1895 continuèrent la série des succès. A Lyon, en 1894, A. Bord était membre du jury, et à l’exposition universelle de 1900, il était appelé à faire partie du Comité d’admission, du Comité d’instal1ation et du jury, ce qui classait ses pianos hors concours.

Les 3 000 pianos fabriqués annuellement vers 1900 sortaient de l’usine de Saint-Ouen, qui disposait d’une force motrice de 50 chevaux et possédait des chantiers de bois de toutes essences et de toutes provenances dont la valeur était estimée en 1900 à plus de 600 000 francs.

Les caisses, les barrages, le tablage et le montage des cordes étaient faits à Saint-Ouen, puis les pianos transportés dans la fabrique de la rue des Poissonniers à Paris pour passer à la finition et à l’égalisation. Le nombre total des ouvriers était de 400.

En 1900, certains pianos Bord avaient déjà une troisième pédale tonale. A cette époque, la firme fut reprise par Stilles-Caillau et Cie jusqu’en 1933.

Les “Bord” furent ensuite fabriqués par Pleyel à partir du N° 135 901, de 1933 à 1938 et ensuite en 1945-55.

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