Histoire du piano : Blüthner

“L’artisanat d’art au service de la musique”

Julius BLÜTHNER

Extrait du livre “Les Facteurs de Pianos et leurs Recherches” d’André Chenaud, 1970

La maison Blüthner de Leipzig est la manufacture de pianos d’Allemagne qui ait le plus dignement représenté son pays à l’exposition universelle de 1900.

On sait le développement colossal pris par la facture allemande qui est devenue la plus dangereuse rivale de la facture française.

Dans le rapport du catalogue officiel allemand de 1900, il est constaté que cette fabrication atteint 80 000 pianos par an, et que cette branche “est la plus vaste et la plus importante dans laquelle l’intelligence et l’énergie allemandes ont remporté de grands succès”.

Quelques chiffres encore ne seront pas inutiles :

En 1900, l’Allemagne possède 435 fabriques de pianos et son exportation dépasse 30 millions de francs par an.

La maison Blüthner, plus que toute autre a participé à cet accroissement rapide.

Sans pouvoir entrer dans tout le détail historique de son passé, il est intéressant d’en dire quelques mots, car Julius Blüthner est une des personnalités les plus éminentes et les plus curieuses de la facture des pianos.

Depuis la fondation en 1853, il dirige sa maison, il incarne à la fois le passé et l’avenir et en lui vit près d’un demi-siècle de progrès.

Agé en 1900 de 76 ans, Julius Blüthner est originaire de Falkenhayn, près de Mersebourg, où il travailla d’abord comme ouvrier dans l’atelier d’ébénisterie de son père.

Après de dures années d’apprentissage, fort d’expériences et de créations personnelles, aidé de 3 ouvriers, il posa, le 7 novembre 1853, les premières fondations de sa fabrique actuelle.

Les instruments sortis de ses mains attirèrent bientôt sur eux l’attention des gens du métier, les commandes augmentèrent, la fabrique grandit en conséquence et au bout de 4 ans Blüthner travaillait déjà avec 14 ouvriers. En 1858, il devint propriétaire de sa maison et commença à faire les pianos droits, car pendant les premières années, il n’avait construit que les pianos à queue ! Dès lors, la fabrication fut entreprise sur une grande échelle. Les productions de Blüthner deviennent de plus en plus remarquables et sont consacrées par de hautes récompenses. Le Roi de Saxe visite la fabrique et décerne au courageux travailleur le titre de fournisseur de sa Cour et de conseiller de commerce, les plus célèbres artistes et maîtres de piano lui rendent visite essaient et recommandent ses instruments. La fabrique grandit toujours. De nouveaux ateliers capables de contenir des centaines d’ouvriers, furent bâtis. Chaque atelier est muni des machines et des outils les plus modernes. Toutes les parties du piano, le bois aussi bien que le métal sont travaillés dans la fabrique même, on y occupe que les meilleurs ouvriers, dont plusieurs ont de 40 à 45 ans de présence dans la maison, et l’âme de tout c’est Julius Blüthner, qui a encore en 1900, malgré son âge, l’œil partout, qui parcourt les vastes salles et s’assure par lui même que tout va bien.

Celui auquel il est donné de faire avec M. J. Blüthner une tournée dans l’établissement, y trouve le secret de ces grands résultats. Quelques relations idéales, entre l’ouvrier et le maître. Comme tous le saluent, comme il les connaît et trouve pour chacun le mot voulu. Chez lui, les vétérans se comptent par douzaines.

La direction de la maison passe de père en fils. En 1900, les sorties en sont au N° 55000 et en 1966 au N° 138000.

Pour rendre plus brillantes les notes aiguës des pianos à queue, Blüthner emploie un autre système que celui de Steinway. Ses pianos à queue disposent pour les notes aiguës d’une 4° corde, accordée à l’unissson ou à la quinte ou à l’octave, qui ne sont pas percutées par le marteau mais qui entrent en vibration par sympathie quand elles sont accordées à un nombre rigoureusement égal ou multiple de vibrations par rapport aux 3 cordes principales. Chacune des cordes supplémentaires possède son étouffoir particulier : c’est le système “Aliquot”, breveté en 1873.

Note de Xavier Bontemps : Les pianos Blüthner sont toujours fabriqués en 2012 ; en 2003 sort le N° 150800. Xavier Bontemps a suivi un stage d’harmonisation de pianos de concert animé en mai 2011 par Monsieur Ingbert Blüthner.

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